Consultez les actualités d'ARL Diffusion Médicale, spécialiste dans la vente de matériel médical sur le Limousin.

Maladie d’Alzheimer : « Le Limousin est la région la plus touchée »

Publié le mardi 20 octobre 2015 à 10:59

Neurogériatre au Centre Mémoire Ressources et Recherche du Limousin et médecin directeur du réseau Coglim, le Dr Leslie Cartz-Piver fait le point sur la prise en charge des patients et les recherches qui sont menées.

« Le Limousin est en pointe pour l’accompagnement des malades ».

Info. Quelles sont les missions de ce Centre Mémoire ?

Leslie Cartz-Piver. Le CMRR du Limousin est une fédération inter-hospitalière de neuropsychogériatrie qui réunit les services neurologie et gériatrie du CHU de Limoges et le service psychiatrique du sujet âgé du Centre Hospitalier Esquirol. Il a pour missions d’apporter une expertise sur les troubles de la mémoire lorsque le diagnostic est difficile à établir, de proposer des consultations mémoire, de développer la recherche sur la maladie d’Alzheimer, de former internes, psychologues et médecins généralistes, d’organiser et d’animer un dispositif régional de prise en charge avec des consultations mémoire sur toute la région.

I. Le plan Alzheimer 2008-2012 a-t-il été bénéfique pour les malades ?

L.C.P. Ce plan ambitieux a permis de structurer la prise en charge et de faire avan-cer la recherche. Avec neuf établissements référents contre un en 2004, l’accés au diagnostic et aux soins a progressé. Le CMRR, centre expert pour la maladie d’Azheimer et troubles apparentés, propose des consultations spécialisées pour les habitants de Limoges. En 2014, nous avons reçu plus de 1.500 personnes sur le site Jean-Marie Léger, suivi 775 patients et diagnostiqué 310 nouveaux cas. Une personne sur trois avait un trouble, il ne faut pas hésiter à venir, le diagnostic peut aussi être rassurant.

Plus de 1.500 personnes ont suivi une consultation mémoire au centre Jean-Marie Léger.

I. Comment s’articule le réseau Coglim ?

L.C.P. Ce réseau régional créé en 2007 est animé par des professionnels hospita-liers ou de ville, il compte mille adhérents, médecins, infirmières, kinés, travailleurs so-ciaux… Le but est de promouvoir le diagnostic précoce des troubles cognitifs pour amé-liorer la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et troubles apparentés. Un nouveau site Internet est en ligne, avec un annuaire où sont répertoriés les établissements pro-posant une consultation mémoire, accueils de jour, hébergements temporaires, équipes spécialisées pour accompagner les malades à domicile, formations pour les aidants dispensées par France Alzheimer ou Coglim, plate-formes de répit, structures de coordination, etc… Coglim a aussi mis en place le programme Alfa pour les aidants familiaux, des séances gratuites d’informations, 380 personnes en ont bénéficié en trois ans. Les professionnels peuvent également suivre des formations.

I. Combien de personnes sont diagnostiquées Alzheimer ?

L.C.P. En France, on dénombre 900.000 malades et plus de 225.000 nouveaux cas par an. En Limousin, 16.000 personnes sont touchées et 4.500 nouveaux cas diagnos-tiqués par an. Notre région est la plus touchée avec 20 à 25 cas pour 1.000 habitants ce qui s’explique par la démographie vieillissante, la moyenne nationale étant de 15 pour 1.000. Nous sommes en pointe en matière d’accompagnement par rapport à ce que vivront les autres régions dans vingt ans avec un savoir-faire et de nombreuses structures et professionnels. La psychogériatrie et la gérontologie sont ainsi très déve-loppées avec une réelle culture des soignants. Par ailleurs, on dénombre 150.000 ma-lades de Parkinson en France et 3.000 en Limousin. Le CHU dispose d’un centre expert au sein de son service neurologie. La sclérose en plaque touche 85.000 malades dans l’Hexagone et 900 dans notre région. Le nouveau plan MND sur les maladies neuro-dégénératives 2014-2019 qui compte 96 mesures va renforcer les structures en les ouvrant à d’autres pathologies mais sans enveloppe supplémentaire à moyens constants.

Lydie-Anne Garconnot, infirmière, et le Dr Leslie Cartz-Piver, neurogériatre au CMRR.

I. Votre équipe participe-t-elle à des travaux de recherche ?

L.C.P. Le CMRR participe à la recherche thérapeutique nationale voire internationale sur des médicaments qui pourraient agir au début de la maladie. Aujourd’hui, il n’existe que la thérapie symptomatique. La recherche fondamentale avance également mais, s’il n’y avait qu’une cause, nous l’aurions déjà trouvée. Nous travaillons aussi sur les facteurs de risques, les terrains génétiques qui nous protègent ou facilitent la maladie comme le stress, les deuils… Nous menons enfin une étude sur le stigma c’est à dire la représentation sociologique, notre équipe est l’une des seules à s’y intéresser. Cette maladie est perçue comme honteuse, le gens ont peur de la dégradation mentale, il faut donc l’humaniser. Le terme de démence renvoie à la folie meurtrière alors que le malade reste une personne normale, un père, une mère, un conjoint avec une vie de famille.

Corinne Mérigaud

Source : INFO MAGAZINE

 

Retour en haut de page

Actualités

Etablissement de la mutualite francaise limousine  mutualité française limousine

  • ARL Diffusion Médicale
  • 120 rue d'Isle
  • 87000 Limoges
  • Tél. 05.55.43.84.17